Stan Roukens

Exhibition  Humanoids
13-06-2026 -31-08-2026

Parelman, 80x80x170cm.

Modest, 2026, 40x40x40.

Pandora, 2025, 40x40x150.

Passion, 40x40x40cm.

Beestje, 2024, 80x80x60.

Toren, 2025, 30x30x40.

Stan Roukens – Humanoids

Dans ces œuvres, nous rencontrons des figures et des silhouettes humaines qui paraissent à la fois familières et étrangères. Elles portent une présence complexe, mêlant dignité et vulnérabilité, triomphe et modestie, désir et retenue. Les sculptures de Roukens évoquent des êtres issus d’une réalité parallèle : des formes hybrides qui repoussent les frontières entre le corps, l’objet et le symbole.

De Parelman dégage une aura silencieuse, presque mythique, comme le gardien d’une valeur cachée. Pandora ouvre la question de ce qui se libère lorsque nous osons ouvrir la boîte de l’humain : l’espoir, le chaos, la curiosité et les conséquences réunis en une seule figure. Dans la série La Condition Humaine, Victory et Modest révèlent les deux faces d’une même médaille : la fleur de la victoire à côté de la fleur discrète de la modestie. Toutes deux sont profondément ancrées dans la matière — céramique sur marbre — tout en conservant une légèreté presque éthérée.

Roukens travaille avec des techniques traditionnelles — le modelage, la céramique et la pierre — qu’il met au service d’une création résolument contemporaine et riche de multiples niveaux de lecture. Ses figures ressemblent à des découvertes archéologiques issues de notre propre époque : elles rappellent la matérialité de l’existence, la fragilité de l’identité et la tension poétique qui caractérise notre relation au monde. Elles invitent à un regard lent, à la fois proche et distant, ironique et sincère.

Cette exposition inaugurale à Holwerd réunit des humanoïdes qui ne sont pas de simples copies de l’être humain, mais des miroirs de notre humanité complexe, contradictoire et sans cesse en reconstruction.

Biographie

Stan Roukens (1956) vit et travaille en Frise. Il a étudié à l’Académie des Beaux-Arts de Maastricht avant de poursuivre sa formation à la Jan van Eyck Academie. Son travail est animé par une fascination constante pour la technique, les matériaux et la manière dont les êtres humains interagissent avec leur environnement.

Dans ses premières installations, Roukens explorait l’esthétique de la production industrielle. Il reconstruisait des machines et des systèmes techniques en les détachant de leur fonction d’origine. Ce déplacement mettait en lumière des notions telles que le rythme, le mouvement, l’énergie et le temps, révélées comme des qualités sculpturales à part entière.

Au fil des années, son intérêt s’est déplacé de la déconstruction vers la reconstruction. Alors que ses premières œuvres analysaient et déconstruisaient des systèmes existants, il se consacre aujourd’hui à la recomposition de fragments et de significations. Pour cela, il fait appel à différentes techniques artisanales, parmi lesquelles l’orfèvrerie, la céramique, le modelage et la taille de pierre. Il utilise ces savoir-faire traditionnels pour redonner forme aux traces des récits, des souvenirs et des connaissances.

Roukens considère sa pratique comme une recherche sur ce qui risque de disparaître dans un monde en perpétuelle mutation. Ses sculptures ne sont pas des évocations nostalgiques du passé, mais des constructions résolument contemporaines dans lesquelles la matérialité, l’expérience humaine et le savoir-faire artisanal trouvent une nouvelle place. La reconstruction devient ainsi une méthode permettant de faire naître de nouvelles connexions et de nouveaux sens à partir de fragments existants.

Après ses études, Roukens participe à de nombreuses expositions collectives et réalise plusieurs expositions personnelles, notamment à De Fabriek, au Museum Het Domein et au Musée provincial de Hasselt. Il reçoit le Prix Pierre de Touche de sculpture et bénéficie à plusieurs reprises du soutien du Mondriaan Fonds.

Entre 2000 et 2020, Roukens travaille comme designer industriel et enseignant dans les domaines des arts plastiques, du design et de la technologie. Dans ses œuvres actuelles, son intérêt pour l’artisanat, la technique et la culture matérielle se rejoint dans des sculptures qui relient le passé au présent.